La respiration des cellules, via les mitochondries, engendre la formation de radicaux libres, des espèces dites “réactives de l’oxygène” et donc instables. “Selon la croyance populaire, les radicaux libres sont intrinsèquement nocifs. Ils sont en effet associés à l’apparition et à la progression de maladies dans de nombreux contextes”, indique Alexander Wesolowski, chercheur en immunologie à l’université de Cambridge. Les cellules saines produisent donc des antioxydants pour limiter les effets de ces molécules instables. C’est d’ailleurs pour cette raison que se sont développées des thérapies basées sur la supplémentation en antioxydants afin de prévenir et guérir certains cancers, mais contre toute attente, plusieurs études scientifiques signalent l’inefficacité de ces thérapies, voire même leur nocivité. Pourquoi ? Des chercheurs anglais viennent de mettre au jour un mécanisme qui pourrait expliquer ce constat.
Les radicaux libres ne sont pas seulement nocifs … Ils font partie de la signalisation chimique qui permet au système immunitaire de réagir. “Nous prenons de plus en plus conscience que la production de radicaux libres joue un rôle physiologique important dans la signalisation et le fonctionnement cellulaires”, appuie le biologiste. Avec son équipe, il a démontré l’utilité de ces molécules oxydantes dans la réaction des lymphocytes T, cellules immunitaires. Plus étonnant encore, il a découvert que les tumeurs pouvaient exploiter ce besoin, en libérant des antioxydants … Leurs résultats ont été publiés dans la prestigieuse revue Science.

