Arrêter la dépression en seulement cinq jours ! Dans un article publié le 4 février 2026 dans le Journal of Affective Disorders, des chercheurs de l’Université de Californie à Los Angeles (Etats-Unis) affirment qu’un traitement accéléré de stimulation magnétique transcrânienne parvient à faire en cinq jours ce qui normalement prendrait entre six et huit semaines.
Allumer le cerveau pour éteindre la dépression
Cette méthode non invasive s’impose comme une alternative viable pour les patients qui ne bénéficient pas des traitements pharmacologiques habituels. Dans sa version traditionnelle, la stimulation magnétique transcrânienne consiste en l’administration d’impulsions magnétiques intermittentes à travers le crâne. Ce traitement stimule les neurones situés dans ce champ magnétique, modifiant l’activité cérébrale de la zone traitée. De courtes séances quotidiennes (chacune avec 600 répétitions des impulsions) parviennent à soulager la dépression au bout de six à huit semaines. Mais la longueur du traitement, qui nécessite donc que le patient se déplace au centre de santé tous les jours pendant presque deux mois, rend cette alternative trop contraignante pour une bonne partie des patients.
Faire aussi bien en cinq jours ce qu’on fait normalement en 50 ?
La version accélérée, présentée par les chercheurs de l’Université de Californie, augmente le nombre d’impulsions de chaque séance (qui passent à 1800, donc trois fois plus que d’habitude), avec des impulsions aussi plus longues que celles utilisées normalement. Et le nombre de séances chute considérablement, avec seulement cinq jours consécutifs de traitement.
Pour leur étude, ils ont comparé les données médicales de 135 patients qui ont suivi le protocole traditionnel de six à huit semaines (traités entre février 2023 et mars 2025 à la clinique dédiée à ces traitements dans l’université), avec 40 patients suivant le protocole accéléré durant la même période. Selon les résultats de leur analyse, les deux traitements sont parvenus à diminuer les symptômes de dépression de façon comparable, malgré la différence de longueur entre les protocoles.
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Moins contraignant, mais aussi un peu moins efficace
Cependant, il y avait des différences entre les résultats des deux traitements, si l’on regarde au-delà des moyennes. Car environ la moitié des patients suivant le protocole accéléré n’ont vu aucune amélioration immédiatement après les cinq jours. Chez eux, l’effet bénéfique n’était observable que deux à quatre semaines après. Selon les auteurs, cet effet à retardement montrerait que le cerveau continue à ajuster son activité, même des semaines après la fin du traitement.
Une autre différence était le niveau d’amélioration des scores de dépression chez ces deux moitiés. Chez les patients à effet retardé, cette amélioration, certes significative statistiquement, était plus basse que celle atteinte pour la moitié des patients avec des résultats immédiats : la chute des scores de dépression était de 36 %, contre presque le double pour ceux voyant des résultats à la sortie des cinq jours de traitement. Les auteurs ajoutent que le traitement traditionnel de six à huit semaines semble plus efficace à long terme.
Une alternative viable pour certains patients
Mais que si on prend en compte la différence de contrainte entre les deux protocoles, celui en cinq jours pourrait s’avérer une meilleure alternative pour certains patients qui ne peuvent pas s’engager à suivre un traitement de presque deux mois. « Pour certains patients souffrant de dépression, aller à l’hôpital tous les jours pendant au moins six semaines peut être un vrai obstacle, rappelle dans un communiqué Michael Apostol, auteur de l’étude. Ce que cette étude suggère est qu’on pourrait proposer à ces patients une voie menant à un soulagement significatif en moins d’une semaine. »
Le directeur de l’étude, Andrew Leuchter, va plus loin, et révèle que des tests supplémentaires montreraient qu’on peut améliorer l’efficacité de ce protocole accéléré avec une seule séance supplémentaire, deux semaines après le premier traitement. Cette alternative rapide semble viable, puisqu’elle confirme des résultats obtenus précédemment par des chercheurs de Stanford avec un protocole similaire de seulement cinq jours. Il faudra désormais attendre des essais randomisés pour vérifier les bénéfices de ce traitement accéléré.