Burnout: A complex and often "artisanal" approach to treatment

Burnout: a complex and often "artisanal" approach to treatment

January 17, 2026

« Je travaillais non-stop, sans m’arrêter. Je ne mangeais plus, je ne dormais plus. J’avais tout le temps des douleurs partout. Je pleurais énormément. Je faisais des malaises au travail », énumère Julie (prénom modifié), 28 ans. « Les signes étaient là, mais je ne les connaissais pas », décrypte cette fonctionnaire en Guyane. Quand le médecin du travail lui dit qu’elle est en burn-out et doit être arrêtée, Julie ressent « énormément de culpabilité » et peine à accepter la situation.

Bien que le burn-out, défini par un épuisement physique et émotionnel, une vision négative des autres et du travail et un sentiment d’inefficacité ou de perte de sens, touche de nombreux hommes et plus encore de femmes, les données chiffrées restent lacunaires. Selon Santé publique France, 5,9% des femmes et 2,7% des hommes éprouvaient en 2019 des souffrances psychiques en lien avec le travail, deux fois plus qu’en 2007, mais ces chiffres ne mesurent pas spécifiquement l’épuisement professionnel.

Mal reconnu, le burn-out est pris en charge très diversement par les professionnels de santé

Considered a syndrome or psychosocial risk rather than a disease, burnout is not listed in the Social Security tables of occupational illnesses, which complicates its recognition as such. The employee must prove that their condition is caused by their work and that it results in a permanent disability of at least 25%.

La reconnaissance passe parfois par le classement, après une crise aiguë, en accident du travail. Un récent rapport de l’Assurance maladie notait que les affections psychiques reconnues comme maladies professionnelles avaient plus que doublé entre 2020 et 2024 mais ne se montaient qu’à 1.805. Près des deux tiers des demandes de reconnaissance en 2024 émanaient de femmes.

Burnout is poorly recognized and is treated very differently by healthcare professionals. « Cette pathologie des violences collectives au travail est prise en charge de manière assez artisanale par la Sécurité Sociale » Who « n’en veut pas », estime la psychologue Marie Pezé, à l’origine du réseau Souffrance et travail, qui regroupe quelque 200 consultations spécialisées.

Avec un versant psychique et un versant somatique (troubles cognitifs…), le burn-out est « très complexe à prendre en charge », souligne-t-elle. Outre, souvent, une psychothérapie, la prise en charge requiert des « spécialistes des nouvelles organisations du travail, du droit de la Sécurité sociale et du droit du travail ». La Haute Autorité de Santé recommande que le médecin traitant coordonne la prise en charge, en lien avec le médecin du travail.

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« On est abandonné dans la nature »

Infirmière à Toulouse, Solène s’est retrouvée « paralysée dans (son) lit » à la suite d’une surcharge de travail combinée à une situation de harcèlement moral. Après un diagnostic de burn-out de son médecin généraliste, elle consulte un psychiatre.

People who have experienced burnout report highly inconsistent care and the difficulty in finding places to be heard for what is not considered an illness (AFP/Archives - JEFF PACHOUD)
People who have experienced burnout report highly inconsistent care and the difficulty in finding places to be heard for what is not considered an illness (AFP/Archives – JEFF PACHOUD)

« J’ai été très mal prise en charge parce que j’ai pas été suivie dans une clinique spécialisée dans le burn-out », explique cette quadragénaire, regrettant d’avoir « été traitée comme une personne dépressive ». « Il manque des structures juste pour écouter dans cette pathologie-là ».

Solène dit avoir été « sauvée » par une « psychologue exceptionnelle » et des séances d’EMDR (une psychothérapie qui utilise les mouvements oculaires). Pour Brigitte Vaudolon, vice-présidente de la Fédération des Intervenants en Risques Psychosociaux, « ce qui fonctionne, c’est un accompagnement pluridisciplinaire, où la personne peut se reconstruire psychologiquement, mais aussi repenser sa trajectoire professionnelle ».

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But not all burnout victims are lucky enough to find professionals who work well together. « On est abandonné dans la nature », soupire Catherine. Enseignante en collège dans le Nord, elle rapporte avoir contacté « une bonne vingtaine » de médecins pour faire agréer un mi-temps thérapeutique après son burn-out.

Travaillant dans le secteur bancaire en Loire-Atlantique, Anne-Marie a, elle, misé sur les « médecines douces » (sophrologie, kinésiologie…) pour soigner son burn-out parce qu’elle en avait « les moyens ». Elle souligne aussi l’importance du « collectif » pour surmonter cette épreuve. Au sein d’un groupe de parole, « on travaille l’estime de soi, la confiance en soi, (…) les croyances limitantes, le regard des autres », note-t-elle.

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