Enfants à la rue, non-scolarisés, handicapés ou ne mangeant pas à leur faim : la situation de plusieurs milliers d’enfants en France reste hors des radars de l’agenda politique faute de statistiques publiques solides, estime l’Unicef dans un rapport publié jeudi 29 janvier 2026. “ L’absence de données complètes, fiables et couvrant l’ensemble du territoire ainsi que de suivi systématique empêche encore de garantir l’effectivité des droits de tous les enfants« , estime l’agence onusienne. “ Des milliers d’entre eux demeurent largement invisibles des statistiques publiques, et donc de politiques publiques adaptées à leurs besoins" she adds.
76 indicateurs pour pallier ce manque de données
Pour tenter de pallier ce manque, l’Unicef a mis sur pied un observatoire des droits des enfants qui a analysé 76 indicateurs répartis autour de 12 thématiques : éducation, santé, santé mentale, protection de l’enfance, pauvreté, migrations, nutrition, numérique, petite enfance, opinion de l’enfant, démographie et environnement.
“ La pauvreté et le logement constituent une urgence majeure« , avec près de 32.000 enfants vivant sans domicile ou à l’hôtel et 38 enfants sans domicile décédés en 2024, relève l’Observatoire dans son premier rapport qui s’appuie sur les données « d’agences gouvernementales, organisations internationales, d’enquêtes nationales et internationales“.
“ Ces situations portent directement atteinte aux droits fondamentaux des enfants à la survie, à la santé et au développement« , estime-t-elle. Certains droits fondamentaux restent « insuffisamment garantis« , à l’image du droit à une alimentation suffisante avec près de 23% des enfants interrogés qui déclarent ne pas manger trois repas par jour.
Autre motif d’inquiétude, le droit à l’éducation qui « n’est pas garanti pour tous" . " Plusieurs milliers d’enfants demeurent non scolarisés, sans visibilité statistique nationale“. Quant aux territoires d’Outre-mer, ils restent fortement sous-documentés, déplore l’agence onusienne, et ce « alors que les besoins y sont souvent plus importants“. En 2024, 1860 enfants ont été placés en rétention administrative à Mayotte, « illustrant des violations persistantes des droits de l’enfant et une rupture d’égalité territoriale majeure« , selon l’Unicef.

