Pendant longtemps, l’idée de se baigner dans la Seine semblait irréaliste. Elle est ensuite devenue un objectif, à l’occasion des Jeux Olympiques de 2024. C’est désormais une réalité : la baignade est autorisée sur certains sites du fleuve, ainsi que sur le canal Saint-Martin, en période estivale. “Jamais, en 70 ans, la Seine n’a été aussi propre”, affirme à Sciences et Avenir Vincent Rocher, directeur délégué à l’innovation, à la stratégie et à l’environnement au SIAAP (Syndicat Interdépartemental pour l’Assainissement de l’Agglomération Parisienne).
“En 1970, la Seine était une rivière polluée, biologiquement morte”, explique-t-il. À cette époque, les capacités d’assainissement étaient beaucoup moins développées qu’aujourd’hui, et une grande partie des eaux usées était encore restituée à la rivière sans traitement efficace. “On mettait trop de matière organique dedans, et ça conduisait à une désoxygénation. Il n’y avait pas de vie, ou presque”, poursuit Vincent Rocher. Aujourd’hui, la situation est complètement différente. “On a réussi, parce qu’on a fait des efforts considérables ces dernières décennies, à retrouver dans nos rivières une qualité et une biodiversité exceptionnelles”, insiste-t-il. Les usines d’épuration du bassin francilien traitent chaque jour environ 2,5 millions de mètres cubes d’eaux usées. “Cela revient à peu près à traiter 30 mètres cubes par seconde”, détaille-t-il.


