Décrit par Marcel Proust dès 1913, le phénomène par lequel certaines odeurs ravivent des souvenirs d’enfance vivaces et généralement agréables trouverait sa source dans des neurones du bulbe olfactif. En exposant des souris à des odeurs plaisantes dans des environnements ludiques, une équipe du CNRS est parvenue à identifier ces neurones particuliers, qui se forment pendant la petite enfance et perdurent dans le temps, à l’inverse d’autres neurones qui se renouvellent souvent. Ils sont étroitement liés au cortex orbitofrontal, au tubercule olfactif et au cortex entorhinal latéral, des régions impliquées dans la régulation émotionnelle, la mémoire et la récompense. D’ailleurs, avec l’âge et la réorganisation des réseaux, la connectivité de ces neurones du bulbe olfactif se renforce au sein des circuits émotionnels. C’est la raison pour laquelle, une fois réactivés à l’âge adulte par l’odeur associée, la stimulation de ces neurones est associée à une forte charge affective liée à des souvenirs d’enfance.
Par Thaïs de Bastard le Ecouter 2 min.
Des neurones formés durant l’enfance expliqueraient pourquoi certaines odeurs réveillent plus tard des souvenirs chargés d’émotion.

Le portrait de Marcel Proust exposé au Musée Carnavalet en 2022.
Photo par MYRIAM TIRLER / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
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