Ces traitements à base de méthadone causent de plus en plus de surdoses, prévient ce jeudi 21 mai 2026 l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Elle appelle patients et médecins à plus de vigilance. « Entre 2021 et 2025, les données de vigilance ont montré une poursuite de l’augmentation des cas rapportés de surdoses et des effets indésirables graves« , rapporte-t-elle dans un communiqué.
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Traitement de sevrage ou antidouleur de substitution
Les traitements à base de méthadone, un médicament opioïde, sont utilisés dans la prise en charge de la dépendance aux opioïdes ou opiacés qu’ils soient illicites comme l’héroïne ou autorisés comme médicament telle la morphine. Elle est également employée comme traitement des douleurs cancéreuses chroniques quand d’autres antidouleur ne fonctionnent pas.
Surdosage, interactions avec d’autres médicaments
En 2024, environ 72.000 patients se sont vu prescrire de la méthadone dans ces diverses indications, selon des précisions données par l’ANSM à l’AFP. Mais ces traitements exposent, eux-mêmes, à des risques de surdose quand ils sont pris de manière incontrôlée, sans respecter la posologie et sans prendre en compte le risque d’interactions avec d’autres médicaments.
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Or, souligne l’ANSM, le phénomène est en hausse, quand bien même ces traitements ne sont pas pris de manière sauvage mais « chez des patients pourtant suivis dans un protocole de soins« . A noter également que certains médecins sont habilités à la prescrire, et utilisent une ordonnance sécurisée et pour une durée limitée. L’agence, qui ne donne pas de chiffres sur le nombre de surdoses enregistrées ou la quantité de cas mortels, avance plusieurs hypothèses, en premier lieu un dosage excessif au début du traitement. Certaines situations à risque peuvent être initiées par un arrêt brutal à la fin du traitement, une réduction trop rapide des doses de méthadone, des prises irrégulières, des interactions avec d’autres médicaments pris en même temps, ou encore la consommation d’alcool, d’autres opioïdes, de cocaïne,…
Prescription d’un kit de naloxone
Elle fait donc appel à la vigilance des patients, à qui elle demande de bien respecter les posologies indiquées et de ne pas donner accès à leur médicament à d’autres personnes, comme à celle des médecins, qui sont enjoints à vérifier les autres traitements en cours et à prescrire des doses progressives de méthadone. Elle souligne aussi la nécessité de prescrire systématiquement de la naloxone en plus de la méthadone. Cette molécule peut servir d’antidote immédiat en cas d’intoxication à la méthadone.