Le sémaglutide, l’une des plus emblématiques molécules anti-obésité GLP-1, pourrait être produit à un prix accessible aux pays pauvres et intermédiaires une fois que son brevet sera levé et que des génériques seront autorisés, estiment le 6 mars 2026 des chercheurs.
Cette molécule, actuellement commercialisée sous le nom Wegovy par le laboratoire Novo Nordisk, pourrait être produite à un coût compris entre 28 et 140 dollars par an, selon une analyse faite par des chercheurs de l’Imperial College London, de l’université de Liverpool et de celle de Witwatersrand à Johannesburg.
Les GLP-1 constituent un développement pharmaceutique majeur des dernières années. D’abord commercialisées comme anti-diabétiques, ces molécules ont désormais fait leur preuve comme traitements d’une efficacité sans précédent pour réduire l’obésité. Mais leur coût reste élevé, créant des inquiétudes quant à leur accessibilité. Aux Etats-Unis, Wegovy est ainsi commercialisé à environ 200 dollars par mois.
Des brevets qui vont tomber cette année dans le domaine public
Les brevets principaux du sémaglutide vont tomber cette année dans le domaine public dans plusieurs pays dont la Chine, le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud, la Turquie et le Mexique, ouvrant la voie à la concurrence de génériques, moins chers que les traitements de marque. Dans ce contexte, l’analyse publiée le 6 mars, qui n’a pas fait l’objet d’une parution dans une revue scientifique, estime que le sémaglutide pourrait être produit à un coût commençant à moins de trois dollars par mois.
Cela « pourrait permettre un traitement à grande échelle dans les pays à revenus faibles et intermédiaires« , souligne, dans un communiqué, l’un des chercheurs, le professeur François Venter de l’Université de Witwatersrand. « Des médicaments pour traiter le VIH, la tuberculose, le paludisme et l’hépatite sont disponibles dans les pays à revenu faible et intermédiaire à des prix proches du coût de production, sauvant ainsi des millions de vies tout en permettant aux sociétés de génériques de générer un bénéfice suffisant pour garantir un approvisionnement durable. Nous pouvons reproduire cette réussite médicale avec le sémaglutide« , a-t-il dit.
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« 150 pays dans lesquels aucun brevet n’a été déposé »
Pour réaliser ces estimations, les cinq auteurs de l’analyse se sont appuyés sur des données de 2024-2025 tirées des exportations indiennes de principes actifs pharmaceutiques en y intégrant des coûts de conditionnement, la fiscalité et une marge industrielle.
Ils ont identifié 150 pays dans lesquels aucun brevet n’a été déposé, ce qui signifie, selon eux, que théoriquement, fin 2026, le sémaglutide injectable générique pourrait être disponible dans 160 pays représentant 69% des personnes atteintes de diabète de type 2 et 84% des personnes souffrant d’obésité clinique.
