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« Une femme sur deux sans suivi »: pour une meilleure prise en charge de la ménopause

octobre 16, 2026

Face à un manque d’information et un suivi marqué par des inégalités sociales et territoriales, le gouvernement a annoncé jeudi plusieurs mesures censées améliorer la prise en charge de la ménopause, qui concerne plus de 17 millions de Françaises mais reste « un impensé« .

Dispositif Mon Bilan Prévention renforcé, rôle accru des sages-femmes, bonnes pratiques diffusées auprès des soignants figurent parmi une dizaine d’engagements dévoilés lors des premières « Assises de la ménopause ».

L’organisation de cet événement était l’une des 25 recommandations en 2025 d’un rapport, fruit d’une mission confiée par Emmanuel Macron à Stéphanie Rist, alors députée, devenue depuis ministre de la Santé.

Synonyme médicalement de fin de l’activité ovarienne et de l’arrêt des cycles menstruels, la ménopause a diverses conséquences sur la santé des femmes : symptômes parfois invalidants, risque d’apparition de pathologies futures (ostéoporose, risques cardiovasculaires, cognitifs…).

Impensé collectif

Mais « aujourd’hui encore« , a jugé Stéphanie Rist à Paris Santé Campus, « la réponse dépend trop souvent de la capacité de chaque femme de se débrouiller seule » car la ménopause reste « un impensé collectif« .

Plaidant pour une « information plus accessible« , un « parcours plus organisé » et « une responsabilité plus collective« , elle a annoncé que Mon Bilan Prévention, proposé notamment entre 45 et 50 ans, sera « renforcé » pour « mieux orienter » les femmes.

Pour élargir leur accès à des soignants, des négociations conventionnelles vont démarrer « dans les prochaines semaines » entre l’Assurance maladie et les sages-femmes, sur la mise en place d’une « consultation longue ménopause permettant un bilan global de santé« .

« Une avancée importante« , a salué l’organisation nationale des sages-femmes (ONSSF) dans un communiqué, disant attendre « la lettre de cadrage » fixant les priorités.

Observant que « quasiment une femme sur deux est sans suivi gynécologique« , la présidente du conseil national de l’Ordre des sages femmes, Isabelle Derrendinger, a affirmé lors des Assises que « les sages-femmes sont prêtes à assurer les consultations longues et à prescrire le Traitement Hormonal de la Ménopause (THM) ».

La ministre de la Santé a annoncé avoir saisi la Haute autorité de santé sur « les conditions dans lesquelles les sages-femmes pourraient être autorisées » à prescrire ces traitements.

Le sujet est sensible. Au nom de la Société française de ménopause (Gemvi), Geneviève Plu-Bureau a glissé que les sociétés savantes de gynécologues médicaux étaient « un peu frileuses pour déléguer » la prescription du THM. A l’inverse, Olivier Marpeau, gynécologue et influenceur santé, a jugé qu' »on n’a pas le choix » vu l’accès limité aux gynécologues.

Pour la prise en charge de la ménopause, de nouvelles recommandations de la HAS, attendues mi-2027, seront diffusées aux soignants et intégrées à leur formation continue ; d’autres, aux patientes.

Un océan d’informations contradictoires

Elles permettront de « renforcer la qualité de l’accompagnement » et « permettre une prise en charge adaptée« , selon Sophie Gehin, cheffe du service des bonnes pratiques de la HAS, laquelle a déjà réévalué en 2025 le traitement hormonal de la ménopause.

« Contre l’océan d’informations parfois contradictoires« , selon Stéphanie Rist, une campagne nationale de sensibilisation sera lancée en janvier et, sans attendre, un guide de bonnes pratiques destiné aux créateurs de contenus.

Car « le vide informationnel (…) est occupé par des remèdes miracles, affirmations invérifiables, faux professionnels, contenus commerciaux« , a-t-elle déploré, et « la rapidité des outils de traduction par l’IA accélère la désinformation« .

Outre la santé, la ménopause peut aussi perturber le travail.

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Tabou

Elle « ne doit plus être un frein à la vie professionnelle des femmes« , et des « solutions concrètes« , comme « un aménagement des horaires, quelques jours de télétravail« , peuvent être apportées, « dans le respect du dialogue social« , a plaidé le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou.

Au travail, la ménopause se heurte encore au « tabou« , selon Florence Chappert, membre de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail, qui a exhorté à des « adaptations très concrètes d’organisation » car les jours de congé ne correspondent « pas à leur besoins« .

Les bénéfices attendus d’un meilleur accompagnement de la ménopause pour les femmes, les employeurs et la société vont être évalués par le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan. Conclusions attendues mi-octobre 2027, pour la Journée mondiale de la ménopause…et quelques mois après la présidentielle.

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