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Crise cardiaque : une injection prometteuse pour « réparer » le cœur

mars 13, 2026

Elle commence souvent par une douleur thoracique intense, un étau ou une oppression au centre du sternum, pouvant irradier dans les bras (surtout gauche), la mâchoire, le cou ou le dos, accompagnée d’un essoufflement, de sueurs, une pâleur, des nausées ou une angoisse. La crise cardiaque, ou infarctus du myocarde, est une urgence vitale causée par l’obstruction d’une artère coronaire. Le cœur, privé d’oxygène, commence à se nécroser. Chaque minute compte. A l’hôpital, la prise en charge médicale permet de rétablir le flux sanguin, avant de démarrer une période de rétablissement. Une période de récupération qui pourrait être optimisée comme jamais grâce à une injection révolutionnaire capable de régénérer le cœur.

Après une crise cardiaque, le cœur et ses tissus sont abîmés. Les cellules mortes forment des lésions, la capacité à pomper le sang s’amoindrit et entraîne un stress mécanique sur l’organe. Dans les semaines qui suivent, de nouvelles cellules et vaisseaux sanguins se forment partiellement. Le tissu cicatriciel est formé par un type de cellules appelées les fibroblastes. En quelques semaines, le cœur change de forme et de structure. Si le tissu cicatriciel remplace le muscle détruit, il ne peut cependant pas se contracter, ce qui empêche le cœur de pomper correctement. Même si le patient a survécu à sa crise cardiaque initiale, à terme, une insuffisance cardiaque peut apparaître, ce qui le remet une nouvelle fois en danger. Pour l’instant, il n’existe aucune thérapie capable de contrer cet effet.

Booster les systèmes de défense du coeur

Seule une hormone, produite naturellement par le cœur, pourrait changer la donne. Appelée « facteur atrial natriurétique » (ANP), elle a la capacité d’agir sur le tissu cicatriciel qui se forme sur l’organe. Malheureusement, cette hormone, produite en petite quantité seulement, ne permet pas de faire une grande différence dans le processus de récupération. Pour que l’ANP soit produite en quantité suffisante, les chercheurs de l’Université du Texas ont eu l’idée de créer une injection capable de stimuler sa production. Grâce à l’ARN messager, la technique rendue célèbre par les vaccins contre le Covid, l’injection fournit à l’organisme les instructions nécessaires pour produire plus d’hormones. « Cela équivaut à booster les systèmes de défense du cœur« , explique le Dr Ke Huang, prodesseur assistant à l’Université du Texas et co-auteur de l’étude. « Le corps utilise déjà les facteurs atriaux natriurétiques comme un outil protecteur. Nous l’aidons simplement à en produire assez pendant la période critique de récupération. »

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Comme un vaccin classique

Pour le moment, cette injection a été testée sur des modèles de souris et chez le cochon. Chez ce dernier, la morphologie du cœur présente de fortes similitudes avec celle de l’humain. Avec une seule injection, les chercheurs ont constaté un effet d’environ quatre semaines. La fonction cardiaque s’améliore, la fibrose (la cicatrice) diminue, la régénération des cellules est stimulée. Concrètement, l’injection ne contient pas elle-même d’hormone. Une fois administrée par un muscle, comme un vaccin classique, la molécule génétique appelée sa-RNA (pour « self-amplifying RNA ») entre dans les cellules musculaires, ces cellules reçoivent les instructions génétiques pour produire l’hormone ANP, puis l’hormone est libérée dans le sang avant d’agir sur le cœur durant plusieurs semaines, en activant le récepteur NPR1, qui déclenche les voies biologiques impliquées dans la réparation du cœur.

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A ce stade, impossible d’imaginer une injection toute prête dans les hôpitaux, à administrer après avoir opéré les patients. Mais c’est bien ce que visent les chercheurs à terme. « Notre but est de protéger le cœur au moment où il est le plus vulnérable« , explique le Dr Huang. « Si nous pouvons alléger le stress subi en amont et soutenir la réparation du cœur, nous pourrions permettre aux patients d’avoir une toute autre trajectoire de rétablissement. » Pour le moment, l’équipe prévoit de continuer à travailler sur la sécurité du produit. Si de nouvelles études montrent des résultats satisfaisants, seulement alors un essai clinique pourra démarrer chez l’humain.

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