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Hantavirus : ce qui le différencie vraiment du Covid-19

mai 14, 2026

“L’hantavirus est plus simple, plus rustique, que le Covid-19”, déclare Olivier Schwartz, directeur de l’unité Virus et Immunité de l’Institut Pasteur, lors de la conférence de presse tenue par la ministre de la Santé le 12 mai 2026. Cette déclaration vient clarifier un fait scientifique mal connu : tous les virus ne se valent pas, en termes de potentiel épidémique, de dangerosité ou de transmission. Et si la comparaison avec le Covid-19 vient naturellement à l’esprit en ces temps anxiogènes, les différences entre les deux virus sont majeures.

Avec l’hantavirus, la transmission entre humains est rare

L’hantavirus des Andes est connu depuis une trentaine d’années et reste habituellement limité à certaines régions du globe, principalement en Amérique latine (Argentine, Chili, Uruguay). Dans ces zones, une centaine de cas sont recensés chaque année, souvent liés à des contacts avec les rongeurs, qui sont son principal réservoir.

En effet, infectés, les animaux excrètent le virus dans leurs urines, leurs selles ou leur salive. L’agent pathogène peut alors rester environ un mois vivant dans les excrétas. L’humain se contamine généralement en inhalant des particules virales, par exemple en nettoyant un espace fermé et poussiéreux.

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À la différence du Covid-19, la transmission entre humains est rare. Elle a bien été observée avec l’hantavirus des Andes, mais elle nécessite des contacts étroits et prolongés, et reste peu efficace. On estime son R0, c’est à dire le nombre moyen de nouveaux cas qu’une personne infectée pourra engendrer, entre 0,2 et 1,2, soit une valeur maximale très proche d’une absence de propagation.

En effet, si une personne infectée par un virus ne peut en contaminer qu’une seule autre en moyenne, le pathogène finit par s’éteindre de lui-même. Là où le Covid-19 pouvait se diffuser rapidement dans toute la population avec un R0 de 3 (une personne en contaminait trois autres en moyenne), l’hantavirus a plutôt tendance à provoquer des cas isolés ou des petits clusters de contamination. C’est ici que les experts pointent une différence majeure : le Covid-19 avait un fort potentiel épidémique, avec une transmission facile, alors que l’hantavirus, lui, circule beaucoup moins bien.

Hantavirus Covid-19
Pays d’origine Argentine Chine
Genre Orthohantavirus andesense, ou hantavirus des Andes, est un virus à ARN

SARS-CoV-2 est un virus à ARN

Réservoir animal Rat pygmée de rizière à longue queue Civette ou chien viverrin
Début des contaminations Avril 2026 Novembre 2019
Mode de transmission interhumaine Fluides corporels (sueur, salive, larmes, etc.) Aérosols, microgoutelettes
Durée d’incubation Entre 9 et 40 jours Entre 5 et 14 jours
Contagiosité Faible. Nécessité de contacts étroits. On estime qu’une personne contamine en moyenne moins d’une autre personne. On ignore encore si les personnes n’ayant pas déclaré de symptômes sont contagieux. Forte, à plusieurs mètres de distance. On estime qu’une personne contamine en moyenne entre deux et trois personnes. Certains asymptomatiques peuvent transmettre la maladie.
Symptômes Atteintes pulmonaires et détresse respiratoire Fièvre, toux, fatigue. Détresse respiratoire pour les cas les plus graves. Existence d’un Covid long pouvant durer plusieurs mois.
Létalité 20 à 50% des malades Environ 0,5 % mais variable selon les âges. De 0,01% pour les moins de 15 ans à 17% pour les plus de 90 ans.
Traitements Aucun. Plusieurs sont à l’étude Antiviraux
Vaccins En phase 1. Plusieurs sont développés dès le début de 2020, notamment grâce à une nouvelle technique plus rapide, utilisant l’ARN messager du virus.

L’hantavirus des Andes a un taux de mortalité d’environ 40%

En revanche, l’hantavirus des Andes est beaucoup plus dangereux. Avec un taux de mortalité d’environ 40%, le virus cible les vaisseaux sanguins pulmonaires et rénaux, entraînant des complications graves. À ce jour, il n’existe ni traitement spécifique ni vaccin validé.

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Pour autant, les experts restent confiants. « Nous connaissons bien la structure du virus, ce qui facilite le développement de traitements antiviraux et de vaccins. Ces efforts seront évidemment intensifiés », a déclaré Olivier Schwartz durant la conférence de presse.

Des analyses génomiques sont en cours, et le séquençage complet du virus devrait être disponible dans les prochains jours. De nombreuses interrogations demeurent. L’une des principales étant le statut des personnes contaminées ne présentant pas de symptômes.

Dans le cas du Covid-19, il s’est avéré que certaines d’entre elles pouvaient, à leur insu, transmettre le virus. Étant donné le faible nombre de cas, on ignore à ce jour ce qu’il en est pour cet hantavirus des Andes. (ndlr : La rédaction actualisera cet article en fonction des résultats à venir.)

Avec Laetitia Maouchi

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