C’est un doctorant qui marche, et il est déjà à mi-chemin entre Paris et Deauville. Il avance avec un but précis : parcourir ces 350 kilomètres à pied pour parler d’un ensemble de maladies hépatiques, désigné sous le terme de MASLD. « Ces maladies progressent à une vitesse inquiétante, mais elles restent largement méconnues du grand public”, constate Sonny Yde, doctorant en biologie moléculaire, spécialiste des maladies métaboliques du foie à Sorbonne Université.
Longtemps appelée « maladie du foie gras non alcoolique », la MASLD – pour Metabolic Dysfunction-Associated Steatotic Liver Disease – est une accumulation de graisse dans le foie liée à des troubles métaboliques. « Au départ, il s’agit d’une simple accumulation de graisse sans conséquence pathologique immédiate, explique à Sciences et Avenir François Pattou, chirurgien au CHU de Lille et directeur d’une équipe de recherche sur les maladies métaboliques à l’Inserm. Mais cette phase silencieuse peut évoluer vers une forme plus grave. C’est là que l’inflammation apparaît et que la maladie devient à risque, avec des complications comme la fibrose, la cirrhose ou le cancer du foie ».