Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir n°947, daté janvier 2026.
Quand Aloïs Alzheimer observe, en 1906, les plaques et dégénérescences dans le cerveau d’Auguste D., il signe l’acte de naissance d’une maladie qui portera son nom. Quatre ans plus tard, pour la première fois, dans une nouvelle édition de son grand traité de psychiatrie, Emil Kraepelin fait passer un trouble de la psychiatrie à la neurologie. L’observation d’une lésion justifiait de séparer ce cas des autres formes de démence. Une bascule emblématique de la frontière qui va longtemps séparer maladies « du cerveau » et troubles « de l’esprit ». Et qui reflète les tensions récurrentes entre neurologie et psychiatrie, un couple qui n’a cessé d’avoir des relations tumultueuses.

