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Pourquoi le syndrome des ovaires polykystiques change-t-il de nom ?

mai 16, 2026

A l’occasion du Congrès Européen d’Endocrinologie à Prague (Pologne), ce mardi 12 mai 2026, le syndrome des ovaires polykystiques a été officiellement renommé « syndrome métabolique ovarien polyendocrinien » (SMOP). Publié aussitôt dans la revue scientifique The Lancet, il s’agit d’une des plus grandes initiatives jamais entreprises pour changer le nom d’une affection médicale.

La première cause d’infertilité féminine

Alors que ce syndrome touche près d’une femme sur dix et constitue la première cause d’infertilité féminine, le terme utilisé jusqu’ici ne reflétait pas correctement les manifestations cliniques, avec comme conséquence une errance diagnostique pour de nombreuses patientes.

« Nous savons désormais qu’il n’y a aucune augmentation des kystes anormaux sur les ovaires, et que les diverses manifestations de cette affection étaient souvent méconnues« , a déclaré le professeur Helena Teede, directrice du Centre de recherche Monash Health (Australie) et endocrinologue, à l’origine de ce changement de nom.

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Un dérèglement hormonal affectant la fonction ovarienne et le métabolisme

Depuis la première description du syndrome dans les années 1930, les recherches ont montré que ce qu’on pensait être des kystes étaient en réalité des follicules (cellules contenant des ovocytes immatures), dont le développement était inachevé. Ce syndrome provoque en effet un blocage de la maturation folliculaire, sans doute par l’excès de l’hormone anti-Müllerienne, conduisant à l’accumulation de follicules.

« Il était déchirant de constater les retards de diagnostic, le manque de sensibilisation et l’insuffisance des soins prodigués aux personnes atteintes de cette maladie négligée« , poursuit le Pr Teed. « Nous sommes fiers d’être parvenus à un nouveau nom qui reflète enfin avec précision la complexité de cette pathologie« .

Comme sa nouvelle dénomination l’indique, le SMOP est un dérèglement hormonal affectant la fonction ovarienne et le métabolisme. La production excessive d’hormones androgènes entraîne une élévation du taux de testostérone dans le sang, responsable de divers symptômes : troubles de l’ovulation, hyperpilosité chez 70 % des femmes atteintes, acné, et risque accru de maladies métaboliques comme le diabète et les maladies cardiaques.

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