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Tryptamine : sept dérivés synthétiques de cette substance hallucinogène interdits en France

juin 11, 2026

Face à une hausse des effets indésirables graves liés à leur consommation et à des risques potentiellement mortels, sept dérivés synthétiques d’une substance hallucinogène, la tryptamyne, seront interdits en France à compter de ce mercredi 10 juin 2026, a annoncé l’agence du médicament.

Augmentation de cas d’intoxication en 2025

De début 2020 à fin 2024, une enquête nationale d’addictovigilance a rapporté « des cas d’intoxications graves, dont un décès survenu après la consommation de plusieurs substances en même temps« , indique l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) dans un communiqué. Sur 27 signalements en quatre ans liés à des tryptamines de synthèse, 16 présentaient un critère de gravité : « 11 hospitalisations, quatre autres situations médicalement graves, une mise en jeu du pronostic vital« , précise-t-elle. L’année 2025 a connu une augmentation des signalements, au nombre de 13.

Interdits de production, de vente et d’usage

Pour limiter les risques, l’agence a décidé d’inscrire sept dérivés synthétiques de la tryptamine (AMT, 4-AcO-DMT, 4-HO-MET, 4-HO-MiPT, 5-MeO-DMT, 5-MeO-MiPT, 5-MeO-DiPT) sur la liste des stupéfiants, de sorte que leur production, leur vente et leur usage en France seront interdits, à compter du 10 juin.

Des effets hallucinogènes

Les tryptamines, substances hallucinogènes agissant sur le cerveau, existent naturellement dans certaines plantes (mimosa), champignons (psilocybe) et animaux (crapaud). Mais des procédés chimiques permettent d’obtenir des tryptamines de synthèse aux effets hallucinogènes renforcés, avec un risque accru d’effets indésirables. Ces versions se déclinent en poudre, en liquide ou s’intègrent dans des aliments comme du chocolat ou des confiseries, précise l’ANSM. « Ces produits sont soit avalés, soit fumés ou pris par voie nasale », précise-t-elle sur son site.

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Troubles neuropsychiatriques

Or ces substances peuvent entraîner des troubles graves : neurologiques (tremblements, maux de tête, perte de conscience pouvant aller jusqu’au coma), psychiatriques (hallucinations, idées délirantes, anxiété, attaque de panique, tentative de suicide), cardiovasculaires (tachycardie, hypertension artérielle), digestifs (vomissements, diarrhée), musculaires, etc. Devant une intoxication possiblement liée à un dérivé de tryptamine, il est recommandé aux professionnels intervenant dans un contexte d’urgence (Samu, pompiers, urgentistes) ou dans un centre spécialisé de contacter le centre d’addictovigilance régional ou un centre antipoison. Aux personnes ayant consommé un dérivé de tryptamine et ne se sentant pas bien, ou à leur entourage, l’ANSM conseille d’appeler le 15 en cas de détresse vitale (perte de connaissance, attaque de panique, idées délirantes ou suicidaires…).

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L’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA) alerte, dans son rapport annuel publié mardi, sur les risques liés à la « large disponibilité » de substances psychoactives « de plus en plus variées« . « La polyconsommation est également courante » et accroît les risques, souligne aussi l’EUDA, appelant à investir dans la prévention, le traitement et la réinsertion sociale des consommateurs.

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