« What I cannot create, I do not understand », pouvait-on lire, après son décès, sur le tableau noir de Richard Feynman, Prix Nobel de physique en 1965 et célèbre enseignant. Comprenez qu’il faut savoir fabriquer pour comprendre. Mais quand il s’agit de la vie, le risque n’est-il pas de se prendre pour un démiurge ? C’est d’ailleurs tout le propos du monstre de Frankenstein, qui apparaît en 1818 sous la plume de Mary Shelley. Mais aussi du mythe juif du golem, qui raconte comment les savants talmudiques peuvent donner vie à une masse d’argile pour produire un être artificiel, dépourvu de parole ou de libre arbitre mais apte à défendre son créateur et sa communauté.
Au XXIe siècle, avec les récents progrès de la biologie et de la chimie, la réalité rejoint le mythe. Plusieurs communautés scientifiques cherchent à percer les mystères fondamentaux de la biologie. Créer une vie artificielle semble possible, et certains estiment même qu’on y est déjà parvenu.

