Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir n°955, daté de septembre 2026.
Traiter une dépression en cinq jours plutôt qu’en plusieurs semaines : cette perspective, longtemps inimaginable, commence à prendre corps. Une révolution potentielle pour une maladie dont la prise en charge repose, depuis plus d’un demi-siècle, sur des antidépresseurs à l’action lente. L’ombre de la dépression, elle, ne cesse de progresser. En 2023, les formes sévères de cette maladie psychique concernaient 236 millions de personnes dans le monde, soit plus du double qu’en 1990, selon un vaste panorama de la santé mentale publié cette année dans The Lancet. Or les traitements actuels montrent leurs limites. Ils nécessitent souvent une prise quotidienne pendant plusieurs mois, provoquent fréquemment des effets secondaires (baisse de libido, troubles du sommeil, fatigue chronique…) et laissent près d’un tiers des patients dans une impasse thérapeutique : leur dépression résiste aux traitements disponibles. Quant à leur efficacité, elle reste débattue.

