Pour la prévention du VIH, la prophylaxie pré-exposition reste « peu connue et inégalement accessible« , a déploré le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS), qui appelle les pouvoirs publics à élargir les opportunités de proposer la PrEP à « toutes et tous« .
Qu’est-ce que la PrEP ?
Les traitements préventifs PrEP, destinés à des personnes qui n’ont pas le VIH (séronégatives), sont devenus cruciaux dans la lutte contre l’épidémie de Sida car ils fonctionnent très bien pour éviter une infection. La personne qui les suit prend des antirétroviraux afin d’éviter une contamination par le VIH lors de rapports sexuels sans préservatif.
Si la PrEP est disponible en France depuis 2016, intégralement prise en charge par l’assurance maladie, son recours « reste insuffisant« , note le CNS dans un communiqué, au premier jour de la semaine nationale de la santé sexuelle.
Méconnaissance et perceptions biaisées
Ainsi, près de la moitié des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) pour lesquels elle serait indiquée, ne l’utilisent pas, notamment les plus jeunes, et d’autres populations très exposées (migrantes d’Afrique subsaharienne, HSH migrants, travailleurs et travailleuses du sexe, personnes trans, en situation de précarité ou éloignées des grands centres urbains) la méconnaissent ou l’utilisent très peu.
Jugeant que cette option « demeure trop souvent perçue de façon restrictive et négative, comme un outil d’abord ‘destiné aux gays’ et réservé aux personnes très exposées qui ‘échoueraient’ à utiliser les autres moyens de prévention« , le CNS appelle à « changer le regard sur la PrEP, par une mobilisation de tous les professionnels de santé et par une communication inclusive et positive« , également à destination du grand public.
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L’arrivée de PrEP injectables à longue durée d’action
C’est d’autant plus nécessaire, selon cette instance indépendante chargée depuis 1989 d’éclairer les pouvoirs publics, avec l’arrivée de PrEP injectables à longue durée d’action, qui sont « susceptibles de lever certains freins propres à la PrEP orale« , plus contraignante, et ont une efficacité apparaissant « particulièrement élevée chez les femmes« .
Un tel traitement, le cabotégravir (commercialisé sous le nom Apretude par ViiV Healthcare, filiale du groupe britannique GSK), considéré comme une grande avancée par les associations et les spécialistes qui l’attendaient depuis près de deux ans, est accessible en France depuis fin février.
Le CNS appelle aussi les pouvoirs publics, notamment avant la prochaine feuille de route sur la stratégie nationale de santé sexuelle, à « garantir un accès réel et équitable à la PrEP« , ce qui « suppose d’aller vers l’ensemble des personnes susceptibles d’en bénéficier« , et à en faire un outil de première ligne dans la palette de prévention.

